 |
Pourquoi
la cohabitation est-elle plus fragile ?
C'est
un fait, confirmé par les statistiques : les cohabitations sont
plus fragiles que les mariages, et ceux qui se marient après avoir
cohabité divorcent deux fois plus que ceux qui n'ont pas cohabité.
A partir de ce qui précède, on peut tenter d'analyser les
points de fragilité des couples de cohabitants.
Le bon choix
Certains cohabitants ne se mettent-ils pas en ménage un peu par
hasard ? On commence une vie commune non pas parce qu'on a décidé
de le faire, mais parce qu'on n'a pas décidé de ne pas le
faire
Plusieurs études montrent que la plupart de ces couples
s'établissent progressivement dans un logement qui devient commun
: le processus commence en passant épisodiquement une nuit ensemble,
puis l'un amène de plus en plus d'effets personnels chez l'autre
pour finalement, ne plus repartir. Le fait d'être amoureux est à
l'origine de la relation, qui évolue suivant les sentiments. S'ils
durent, tant mieux. S'ils meurent, tant pis. La mise en ménage,
alors, n'est pas précédée d'une réflexion
sur le pourquoi, le sens, le long terme. Et beaucoup se réveillent,
un matin, en se disant : " je me suis trompé(e), ce n'est
pas elle (lui) qui me convient
"
Le
projet commun
Les cohabitations commencent de plus en plus tôt, à un âge
où les jeunes n'ont pas encore vraiment décidé ce
qu'ils voulaient faire de leur vie. Et à un moment donné,
ils se rendent compte que leurs aspirations sont trop différentes
pour être compatibles. Exemple typique : les étudiants, qui,
amoureux fous, se mettent en ménage durant le temps de leurs études.
A la remise des diplômes, problème : l'un veut se spécialiser
à l'étranger, alors que l'autre ne veut pas quitter un job
qu'il a eu trop de mal à trouver. Que faire ? L'un veut des enfants
tout de suite, l'autre pas. Que faire ? L'un veut se marier, l'autre pas.
Que faire ? etc
Le plus souvent, ces divergences sur des questions
essentielles de la vie provoquent la rupture, inattendue
L'engagement
Quand on vit en couple, un jour ou l'autre, on rencontre la " différence
" : l'autre est différent de ce que j'avais imaginé,
rêvé. Ca peut être une bonne surprise, mais ça
peut aussi être une difficulté. A ce moment, il faut décider
de passer outre. Mais voilà : la plupart du temps, les cohabitants
se réservent (plus ou moins consciemment) une porte de sortie :
on reste ensemble tant que le couple est satisfaisant, on se quitte si
ça devient trop difficile. Ils risquent de se sentir inhibés
chaque fois que, pour une raison ou une autre, ils ont envie de se mettre
en colère, parce qu'à chaque dispute, la relation tout entière
peut voler en éclat.
Le
dialogue
L'amour ne peut s'approfondir que par le dialogue. Dialogue qui nécessitera
parfois de sérieuses remises en question des amoureux. Est-il possible
s'il remet en question, en même temps, la survie du couple ? Peut-être,
pour celui qui a déjà " l'idée " de partir.
Impossible pour celui qui redoute la rupture. Celui qui aime le plus,
celui qui souhaite la durée, est inhibé. Il " écrase
" de peur de décevoir l'autre. Et le fossé d'incompréhension
entre les deux partenaires grandit lentement mais sûrement.
C'est spécialement vrai en matière de sexualité :
de nombreux films, de nombreux articles de revues " grand public
" laissent croire que le couple vit à partir de la sexualité.
Si ça va physiquement, tout va. Et cette entente physique devrait
être " automatique " sinon c'est que le couple n'est pas
fait pour s'entendre. Or, cette idéologie nie un point essentiel
de la psychologie humaine : si la satisfaction sexuelle est presque innée
chez l'homme, elle est le résultat d'un apprentissage chez la femme,
en plus d'être fortement conditionnée par le climat d'amour
réel dans lequel se déroule la relation physique. L'entente
physique des couples se construit par un dialogue vrai. Or, comme beaucoup
ne le savent pas, ils se taisent sur cette question, de peur de paraître
" coincés " ou ringards. Et n'évoluent pas
La
confiance
On croit souvent que " l'expérience forme la jeunesse "
et que les expériences amoureuses précoces vont aider les
jeunes à mieux choisir leur conjoint. Et pourtant, c'est l'inverse
qui se produit. Pourquoi ? Parce que les échecs amoureux successifs
tuent la confiance.
Petite histoire " classique " de notre époque :
Julie aime Jules. Trop jeunes pour se marier, ils vivent ensemble. "
On verra plus tard ". Le temps passe, et voilà que Jules se
rend compte que Julie n'est pas la femme de sa vie : il a rencontré
Martine, une femme extraordinaire
Il quitte Julie. N'avaient-ils
pas décidé qu'ils " gardaient leur liberté "
?
Pourtant Julie souffre, toujours : même si la relation lui pesait,
à elle aussi, ça fait toujours mal d'être " plaquée
" : " il m'aimait, il ne m'aime plus. Pourquoi ? Suis-je aimable
? " Questions douloureuses
Jules, lui, se culpabilise : il lui avait dit qu'il l'aimait, et il était
sincère en le disant. Maintenant, il la fait souffrir
Est-il
un monstre ?
Il doute aussi : Est-il capable d'aimer vraiment ? L'amour existe-t-il
vraiment ou est-ce une illusion ?
La vie continue. Jules a de nombreux amis. Martine regarde les autres
femmes d'un il soupçonneux : elle-même n'a-t-elle pas
rencontré Jules alors qu'il était en couple avec Julie ?
Qui peut dire qu'il ne va pas se lasser d'elle et tomber amoureux d'une
de ces nombreuses " amies " ? De son côté, Jules
n'aime pas quand les hommes approchent trop de Martine. Comment savoir
qu'elle ne va pas partir avec l'un d'eux, puisque lui-même n'a pas
hésité à laisser tomber Julie ?
Julie, elle, se méfie. L'amour, ça fait mal, quand ça
finit. Alors, autant vivre sans trop s'investir
Ce récit, une caricature ? Sans doute
mais tant de jeunes
s'y retrouvent, ayant perdu confiance en l'amour parce que trop "
blessés " par les échecs successifs
Et n'osent
plus s'engager car ils n'y croient plus !
Le
pardon
Le pardon est d'autant plus difficile que la blessure reçue est
grave
Celui qui aime le plus, celui qui veut aimer " pour toujours
", trouvera-t-il la force de pardonner à celui qui refuse
l'engagement ? (Car c'est assez rare que les deux cohabitants refusent,
tous les deux, le mariage. Souvent, un des deux aimerait s'engager.)
Tous
ces points de fragilité se retrouvent, à des degrés
divers, chez les cohabitants. Pour en guérir, l'important est d'en
prendre conscience ! Il n'est jamais trop tard pour changer.
Myriam
Terlinden
Autre
question: Peut-on
être heureux ensemble, " pour toujours " ?


Comment
choisir le bonheur... ?
www.fiancailles.or
|
|